La puissance dialectique contre l’indignation

Jocelyn Maclure dans La Presse à pitons:

On sait que ces chroniqueurs aiment exploiter jusqu’à plus soif chaque intervention malheureuse ou réaction disproportionnée de certains militants progressistes, mais quand les a-t-on vus faire preuve d’une véritable force dialectique ? Discutent-ils de façon honnête et rigoureuse des thèses défendues par des intellectuels qui épousent des conceptions concurrentes du bien commun ? Respectent-ils la complexité des faits et des enjeux qui sont au cœur de nos débats de société ? Je les vois plutôt choisir de façon stratégique les faits qui les arrangent, généraliser de façon abusive à partir de cas d’espèce et dénaturer ou caricaturer de façon grossière les positions qu’ils abhorrent, mais je suis prêt à réviser mon jugement si on attire mon attention sur des interventions démontrant de leur part une véritable puissance dialectique.

La faiblesse dialectique

Je trouve qu’il y a de nombreuses critiques légitimes du mouvement « woke » et de ses dérives. Mais je me questionne sur les intentions des porte-étendards de ces critiques.

Polariser pour régner, comme on dit.

Malheureusement, c’est le propre de l’industrie de l’indignation qui est en pleine forme aux États-Unis:

“Americans are much more reasonable and moderate than what you might guess when you see a little Twitter war. But I’m guessing that the purpose of many Twitter wars is to polarise people and, in fact, we’ve seen that happen because you can often trace some of the fighting groups to the same location. Outrage is profitable. Most of the outrage I’ve seen in the online world – I would guess 80% – someone’s faking it for profit.”

Craigslist’s Craig Newmark: ‘Outrage is profitable. Most online outrage is faked for profit’

Il faudrait peut-être s’offusquer davantage des gens qui s’offusquent trop.

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