Comment écrire un billet politique

Je ne connais pas Frédéric Says, mais il et fort intéressant de lire comment il travaille pour produire chaque jour un billet politique pour la radio. Aussi, son analyse du milieu peut s’appliquer ici.

Nous sommes les témoins d’une hystérisation totale du débat depuis plusieurs années, qui devient encore plus flagrante avec la campagne présidentielle. Très souvent, on met ça sur le dos des réseaux sociaux ou des souhaits idéologiques de certaines chaînes. Je pense que c’est en partie vrai, mais il y a également une énorme dimension économique qu’on ignore souvent lorsque l’on analyse cette évolution. Lorsque vous mettez trois grandes gueules autour d’un plateau, qui ne sont pas expertes de tous les sujets abordés, car il est mathématiquement impossible d’être expert de fiscalité, de la guerre en Irak et de la Ligue 2, il y a de l’audience, c’est vrai. Et ça ne coûte pas grand-chose. Nous avons quatre chaînes d’info en continu qui se font concurrence et qui sont obligées, justement, avec très peu de moyens, de parler toujours plus fort, d’attirer toujours plus l’attention. C’est une banalité affreuse de le dire, mais c’est évidemment un contre modèle pour moi. Je pense d’ailleurs que c’est ce qui fait que le public vient sur France Culture, une radio qui a gagné énormément d’auditeurs ces dernières années. C’est aussi une sorte de contre programmation par rapport à l’époque, très portée sur le péremptoire, l’agression gratuite et l’opinion, au détriment de la connaissance et de l’analyse.

Il ajoute que ses billets les plus nuancés et recherchés sont souvent ceux qui font le moins réagir sur les réseaux sociaux. CQFD.

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