Idéaux médiatiques et agonisme

Dans La Presse ce matin, Mark Fortier s’inquiète de la dérive de l’industrie médiatique:

Aujourd’hui, on assiste à un détournement de ces réflexions sur le pouvoir médiatique. Des médias ultra-conservateurs, qui produisent de l’opinion en série, propagent un discours critique absolument indifférent à cet idéal démocratique de la culture. On y dénonce la bien-pensance diversitaire des concurrents – la radio et la télévision publique, la vieille presse libérale –, on raille leur wokisme et leur parti pris pour les sottises souvent bien réelles de l’époque. Mais si cette droite militante s’en prend à certains travers libéraux, ce n’est jamais pour soutenir concrètement l’indépendance des rédactions ou l’importance d’un journalisme rigoureux. Elle les dénonce parce qu’elle les déteste, ce qui passe encore en démocratie, mais elle le fait dans un esprit belliqueux qui réduit la dynamique des médias à des attaques éditoriales.

Dans Le Devoir, une réflexion sur l’éducation au débat.

La philosophe ne souscrit pas à la conception libérale de la démocratie. À la démocratie délibérative, elle oppose un autre modèle, une démocratie « radicale et plurielle » qui ne repose plus sur l’antagonisme, mais sur ce qu’elle désigne comme l’agonisme. Partageant la même étymologie grecque, les deux termes, pour Mouffe, renvoient au conflit, mais dans des ordres différents. Alors qu’un conflit antagoniste oppose des ennemis qui veulent en principe l’anéantissement de l’autre, le conflit agoniste met en jeu des adversaires qui sont certes en contradiction, qui se livrent à un combat pour des idées, mais qui, en vertu d’un accord tacite, reconnaissent lalégitimité, pour l’un ou l’autre des camps, de défendre ses positions.

Un combat des idées sain pourrait aider à des dynamiques médiatiques moins belliqueuses.

Laisser un commentaire