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2000 ans d’histoire

Avec l’été, les baladodiffusions (j’en connais qui disent podcasts) « parlées » se font rares.

La copine me fait toutefois découvrir un substitut, qui deviendra permanent, l’émission « 2000 ans d’histoire » de France Inter. Trop bon. 30 minutes de discussion sur un moment ou un personnage historique : Néron, la tour Eiffel, Genghis Khan, etc.

Instructif et divertissant.

Peut-on acheter de l’ours à la Maison du Rôti ?

Dans le troisième tome de « Mythes et réalités dans l’histoire du Québec », l’historien Marcel Trudel rappelle qu’à une époque (il y a une couple de siècles, disons), on aimait bien manger de l’ours:

« dont on apprécie la chair au même degré que celle du porc; de sa graisse, on fait une huile pour assaisonner la salade. »

Nonobstant le fait qu’une vinaigrette à la graisse d’ours (ou de porc) me semble peu ragoûtante, paraît que c’est très bon, de l’ours. Faut-il être chasseur pour en manger ?

Sinon, semble-t-il qu’on raffolait du castor à cette même époque. Les autorités religieuses l’avait d’ailleurs classifié mi-viande mi-poisson afin que les gens puissent en manger les jours où la viande était interdite. Un accommodement raisonnable, ou quelque chose comme ça…

Dans un même ordre d’idées, mais pas tant que ça, faut voir ces quelques jolies photographies de notre ancien temps.

Mythes et réalités dans l’histoire du Québec (tome 1), de Marcel Trudel

Professeur émérite de l’Université d’Ottawa, Trudel offre un nouvel éclairage sur quelques événements marquants ou pas de l’histoire du Québec, des expéditions de Jacques Cartier à la conquête, en passant par les prétentions de Jean Talon et les élucubrations de Madeleine de Verchères. Il en profite aussi pour dresser le portrait de la société « canadienne » à différentes époques, et selon différents thèmes.

Entre autres, le professeur nous entretient avec force détails des dangers d’une traversée de l’Atlantique au XVIIIe siècle. On se rend compte que le succès d’une chevauchée maritime de nos ancêtres était aussi aléatoire que sa durée et que survivre aux éventuels naufrages, maladies et attaques de pirates relevait de l’exploit. Il est aussi question dans Mythes et réalités dans l’histoire du Québec, des conséquences de la conquête anglaise, qui selon l’auteur, n’aura pas apporté que des inconvénients.

Quant à l’intendant Jean Talon qui sévit en Nouvelle-France entre 1665 et 1672, Marcel Trudel appelle à une réévaluation de ses exploits. Selon lui, Talon aura eu « beaucoup de chance en historiographie », alors que les historiens à Chapais, Groulx, Lanctôt et Rumilly l’élevaient au rang de « génie ». Or, Trudel rappelle que Talon s’est déclaré malade sur une grande partie des quelques années passées en Nouvelle-France. Toujours indisposé, Talon n’a donc pu exercer ces fonctions sur de grandes périodes et n’aura visité Montréal qu’une fois. Piètre administrateur, l’intendant aurait aussi grandement exagéré les statistiques sur l’État de la colonie, se serait attribué les réalisations des autres, et aurait détourné des fonds de l’État.

Pour l’historien, la légende de Madeleine de Verchères aurait aussi grandement été amplifiée par… Madeleine de Verchères. En 1692, âgée de 14 ans, la demoiselle aurait repoussé une attaque iroquoise envers le fort de Verchères, puis raconté son histoire sur 279 mots. 40 ans plus tard, la même Mme. de Verchères rédigeait une seconde version de 1900 mots de son aventure. C’est toutefois cette version remplie d’invraisemblances qui aura plus tard été reprise par divers historiens et écrivains, se désole l’auteur.

Enfin, Marcel Trudel consacre un chapitre fort intéressant aux pratiques religieuses plutôt rigoristes de nos ancêtres :

« Depuis d’ailleurs le XIXe siècle, on vivait dans une peur maladive de tout ce qui se rapportait au sexe. Les gens ne pouvaient pas communier le jour de leur mariages, à cause, ai-je compris, de ce qui va se passer le soir même. On a dû vous mentionner déjà ces jaquettes trouées par-devant, à l’endroit stratégique, pour éviter que l’épouse ait à dévoiler son corps, jaquettes dont j’ai vu un exemplaire dans une exposition historique ; et plusieurs fois, on a entendu parler de ces maris d’autrefois qui n’auraient jamais vu complètement nu le corps de leur trop chaste épouse. »

Le premier tome de Mythes et réalités dans l’histoire du Québec est tout à fait accessible et des plus pertinent. Il ne sert à rien de rappeler l’importance de connaître l’histoire de son pays, et cet ouvrage, comme probablement les deux tomes qui le suivent, y contribue avec éloquence.

Joyeuse Circoncision

Je suis un peu agacé par la « blague » de ce temps de fêtes qui consiste à évoquer le fait qu’on ne peut plus dire « Joyeux Noël » parce que c’est de faire référence à une fête religieuse. Maintenant que chaque animateur de télé ou de radio a dit « Joyeuses Fêtes parce que ça a l’air qu’on ne peut plus dire Joyeux Noël » (ou quelque chose comme ça), est-ce qu’on peut passer à autre chose ?

Justement, je suis en train de lire l’excellent premier tome de la trilogie de l’historien Marcel Trudel, « Mythes et réalités dans l’histoire du Québec« , et dans un texte où il est question de l’excès de pratique religieuse de nos ancêtres, l’auteur évoque le « temps des fêtes »:

Aux 52 [dimanches] de l’année, s’ajoutent les fêtes d’obligation: une bonne trentaine au XVIIIe siècle; certaines de ces fêtes recouvrent trois jours de suite: dimanche de Pâques, lundi de Pâques, mardi de Pâques; dimanche de la Pentecôte, lundi de la Pentecôte, mardi de la Pentecôte; en décembre, le jour de Noël (25 décembre), la Saint-Étienne (le 26) et la Saint-Jean (le 27), à quoi se rattachent la Circoncision (notre Jour de l’An) et les Rois (6 janvier) pour constituer ce qu’on appelle « le temps des Fêtes »; mais attention: « temps des Fêtes » religieuses; et rappelons que le jour des « étrennes » ou cadeaux n’est pas Noël, mais le Jour de l’An. » (p.297)

Vous voulez être original ? Souhaitez « Joyeuse Circoncision ».

Internet en 1972

Un documentaire de 1972 sur les réseaux informatiques et ARPANET qui allait jeter les bases d’Internet.