Étiquette : réseaux sociaux

Pourquoi les gens sont méchants sur les réseaux sociaux?

Selon l’autrice Roxane Gay, ce serait en partie en raison de notre impuissance à avoir de l’influence dans la vie réelle. En tout cas, elle résume assez bien la teneur des interventions sur les réseaux sociaux:

One person makes a statement. Others take issue with some aspect of that statement. Or they make note of every circumstance the original statement did not account for. Or they misrepresent the original statement and extrapolate it to a broader issue in which they are deeply invested. Or they take a singular instance of something and conflate it with a massive cultural trend. Or they bring up something ridiculous that someone said more than a decade ago as confirmation of … who knows?

Quelqu’un dit: « Ceci est très triste ». Quelqu’un lui répond: « Oui, mais pourquoi tu ne parles pas de cette autre chose très triste? ». Remarquez que c’est aussi le pain et le beurre de certains chroniqueurs.

Les réseaux sociaux sont une menace pour l’humanité selon des biologistes

Comment mettre de l’avant et expliquer des problèmes complexes quand les médias sociaux offrent des réponses simples mais incomplètes, ou désinforment? Un défi qui inquiète les chercheurs qui se demandent comment, dans ce climat, informer adéquatement les gens sur les dangers pour la planète et l’humanité.

The paper argues that our lack of understanding about the collective behavioral effects of new technology is a danger to democracy and scientific progress. For example, the paper says that tech companies have “fumbled their way through the ongoing coronavirus pandemic, unable to stem the ‘infodemic’ of misinformation” that has hindered widespread acceptance of masks and vaccines. The authors warn that if left misunderstood and unchecked, we could see unintended consequences of new technology contributing to phenomena such as “election tampering, disease, violent extremism, famine, racism, and war.”

Beaucoup d’exemples dans l’entrevue.

Le Grand Club RDS, la suite

Je m’étais un peu moqué du tout nouveau Grand Club RDS au cours de notre Pod’Casque #20.

En gros, je disais que :

  1. il est facile de faire participer la population quand il est question de sport : tout le monde est un expert et a le potentiel d’en devenir un (on a qu’à penser à Jean-Charles);
  2. il est payant de créer des pages et des pages de contenu sur le web pour y afficher de la publicité de chars et de bière de Serge;
  3. le mélange des deux donne de la grosse schnoutte.

Je notais aussi qu’on retrouvait beaucoup de trucs qui n’avaient pas trop rapport avec le sport sur le Grand Club RDS comme des vidéos de Coldplay ou des photos de japonaises sexy.

Émile s’était aussi plaint auprès de RDS qui s’était auto proclamé « Premier réseau social francophone entièrement dédié au sport sur le web ». RDS s’était par la suite rétracté.

Il semble qu’un des concepteurs de la patente n’ait pas suivi la discussion et vienne de se réveiller avec un commentaire légèrement méprisant sur le blogue de Yannick Manuri.

« Au niveau des fonctionnalités et des capacités de réseautage – Le Grand Club de RDS est loin de tout doute le premier réseau social axé sur le sport qui possède une architecture capable d’évoluer selon les nouveaux modèles de Web Social émergents.

Aucune comparaison avec les autres aggrégateurs de Blogs qui prétendent faire du Web Social. »

Regardez ça si c’est gentil.

La lutte pour le patrimoine sur Internet

Un des facteurs important dont il faut tenir compte dans l’analyse de la participation citoyenne en ligne est l’affiliation des participants à des groupes de pression. Je suis tombé sur un article de Bérénice Waty qui parle un peu de leur présence sur le Web, dans le cas particulier du patrimoine. En voici un résumé et quelques réflexions.

Les luttes urbaines pour la protection du patrimoine bâti font jaser depuis longtemps. Les années 1960-1970 furent marquées, à Montréal entre autres, par de grands projets de « modernisation » mus par le désir de faire table rase du passé afin d’entrer de plain-pied dans l’ère du béton et d’un fonctionnalisme désincarné. Plusieurs groupes communautaires ont vu le jour afin de défendre leur environnement et le patrimoine montréalais. Si l’on reconnaît que le patrimoine est le fait de ceux qui le vivent bien plus que celui des experts, il n’est pas étonnant que le citoyen s’organise pour sauvegarder son milieu de vie. À l’ère de l’information, comment ces organisations utilisent-elles Internet pour mener à bien leur défense du patrimoine ?

C’est la question que s’est posée Bérénice Waty, doctorante en anthropologie, dans son article tiré de « Patrimoine et patrimonialisation : du Québec et d’ailleurs« . L’auteure s’est penchée sur quelques cas français pour réaliser son analyse. Comme elle l’explique d’entrée de jeu, aux acteurs traditionnels de la protection du patrimoine (experts, élus, population) se sont greffés des participants qui jouent un rôle de plus en plus important : les journalistes et les associations. Ces dernières, qui nous intéressent particulièrement, utilisent maintenant internet comme outil de connaissance et de propagande, selon les dires de Me. Waty.

Selon elle, les associations se servent du Web à diverses sauces. Il s’agit d’abord d’un moyen d’asseoir l’association, de se présenter aux autres. De là, certaines associations utilisent le Web comme plateforme de discussion afin d’échanger leurs idées et de planifier la contestation. Surtout, les associations y développent la coopération en tissant des liens avec d’autres groupes du même acabit en vue d’échanger de l’information ou de joindre leurs forces.

Cette présence en ligne permet à la fois aux associations d’atténuer l’effet NIMBY (pas dans ma cour) puisque la lutte n’est plus purement locale, mais internationale, et de s’affirmer comme porteuses de compétences et d’une maîtrise des dossiers dans tous ses aspects. Elles s’imposent sur le Web comme références en la matière. Il reste que pour Bérénice Waty, ces « sites Web ne remplacent en rien les actions de terrain entreprises, d’autant plus que les pages des sites s’en nourrissent ».

De plus, la glocalization, cette opposition entre actions locales et enjeux globaux, si elle permet d’aller au-delà du NIMBY, entraîne aussi « la perte de l’argument identitaire en tant que source de mobilisation ». Sur internet, les associations doivent faire correspondre leur message aux visiteurs délocalisés.

Considérant la popularité grandissante des réseaux sociaux comme Facebook, des blogues, des agrégateurs sociaux, du micro-bloguage, ou du microcrédit, on peut se demander si une analyse qui irait au-delà des sites Web de ces organisations ne serait pas plus pertinente. Les groupes communautaires ont en effet bien souvent peu de moyens pour mettre en place des sites efficaces qui permettent une collaboration dans la planification de l’action militante, mais surtout, qui bénéficient d’une visibilité suffisante pour faire effet. Ces acteurs peuvent toutefois miser sur le potentiel « viral » des réseaux sociaux pour propager l’information rapidement et à un plus grand nombre. Potentiellement, il devient possible d’alerter l’opinion publique grâce aux médias alternatifs ou traditionnels selon l’ampleur de la mobilisation.

Il existe de nombreux moyens d’utiliser ces réseaux pour engendrer des changements sociaux, et il fait peu de doute que les organisations de défense du patrimoine en viendront à les utiliser, si ce n’est pas déjà fait. Ce n’est pas autant dans leurs propres sites web que les militants exercent une influence, mais dans la multitude des sites qu’ils investissent.

Gawker comme les médias traditionnels

Gawker, une grande entreprise de blogues, vient de mettre en vente deux de ses blogues qui ne rapportaient pas. Selon le New York Times, c’est signe que les médias citoyens s’appuient de plus en plus sur le même modèle que les médias traditionnels. Pas sûr qu’on peut appeler citoyen une entreprise, mais bon.

Blogs for Companies » Blog Archive » Gunfight at Gawker Media Corral

L’influence des blogueurs

Un bon papier du Guardian sur le danger de ne pas tenir compte de l’influence grandissante des blogues.

Bloggers and internet pundits are exerting a « disproportionately large influence » on society, according to a report by a technology research company. Its study suggests that although « active » web users make up only a small proportion of Europe’s online population, they are increasingly dominating public conversations and creating business trends.

Guardian Unlimited Technology | Technology | Ignore bloggers at your peril, say researchers

Des mass médias aux médias des masses

L’émergence d’une société de plus en plus dépendante de l’échange d’informations pose la question du contrôle de cette dernière et du pouvoir qui va avec. Les nouveaux enjeux découlent donc de l’appropriation sociale des moyens d’informations.

Dans son livre « La révolte du pronétariat – Des mass média aux média des masses« , Joël de Rosnay convie à une redéfinition de la sphère médiatique où le citoyen prendra une plus grande part dans la création et la distribution de l’information :

« J’appelle infocapitalistes les détenteurs des moyens de création, de production et de diffusion de contenus informationnels dits propriétaires, généralement sous forme numérique […] j’appelle pronétaires ou pronétariat une nouvelle classe d’usagers des réseaux numériques capables de produire, diffuser, vendre des contenus numériques non-propriétaires. »

Au-delà de ces néologismes ampoulés et des comparaisons boiteuses avec la théorie marxiste se cache un phénomène bien réel qui force certaines innovations sociales que l’auteur résume bien, sans toutefois aller au fond des choses. Pour bénéficier d’un avis beaucoup plus fouillé sur la société de l’information, sur ses risques et ses opportunités en regard de la démocratie et des médias, il faut lire « La démocratie occulte – Rapports de force, gouvernance et communautique dans la société de l’information » de Pierre-Léonard Harvey de l’UQAM.

En attendant, AgoraVox (où un collègue a semé la controverse), l’initiative de Rosnay et de ses amis attire un lectorat de plus en plus grand qui concurrence les médias traditionnels français. Le principe de base de cette initiative est que chaque citoyen est un reporter en puissance, et qu’aucun groupe de presse ne peut poster un journaliste à chaque coin de rue. Ce site, qui permet au citoyen de publier ses articles, est régulé par un comité de rédaction et par le jugement des pairs rédacteurs / lecteurs. La crédibilité est l’enjeu principal du média citoyen, et cette forme de régulation semble, pour l’instant, sourire à AgoraVox.

D’autre part, les grandes entreprises accordent de plus en plus d’importance aux blogues et autres nouveaux producteurs de contenu. Pier-Karl Péladeau a d’ailleurs annoncé un certain virage pour Québécor, et les médias traditionnels s’interrogent(s’inquiètent ?) maintenant quant au phénomène de démocratisation de la production journalistique. On a comme cette impression que des bouleversements majeurs se préparent, et à l’instar de Québécor, l’inouille ne devrait pas manquer le bateau…