Étiquette : science

L’ostéopathe champion de la désinformation sur les vaccins

Il fait parti du « disinformation dozen », soit les 12 influenceurs anti-vaccins les plus populaires de Facebook. Beau portrait dans le New York Times.

Over the last decade, Dr. Mercola has built a vast operation to push natural health cures, disseminate anti-vaccination content and profit from all of it, said researchers who have studied his network. In 2017, he filed an affidavit claiming his net worth was “in excess of $100 million.”

Autre exemple que le conspirationnisme n’est qu’une business.

Le fichier de Monsanto

La compagnie Monsanto, friande de glyphosate, a été mise à l’amende en France pour ses pratiques de lobbying.

La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), en France, a imposé une amende de plus de 500 000 dollars, mercredi, à l’agrochimiste Monsanto pour avoir fiché illégalement des personnalités publiques, journalistes et militants dans le but d’influencer le débat public sur l’interdiction du glyphosate, un herbicide. […] Selon l’enquête de la CNIL, le fichier contenait, pour chacune des « plus de 200 personnalités » inscrites, une « note allant de 1 à 5 » permettant « d’évaluer son influence, sa crédibilité et son soutien à la société Monsanto sur divers sujets tels que les pesticides ou les organismes génétiquement modifiés ».

Je me demande quelles autres entreprises ont ce genre de fichier et quels « experts » sont approchés par celles-ci pour les inciter à parler en bien d’eux. J’ai l’impression que les noms des membres de l’Institut économique de Montréal sont dans plusieurs fichiers comme ça…

Pour une gestion publique des données

Des scientifiques qui ont besoin de données pour mener à bien leurs recherches demandent qu’elles soient accessibles par l’entremise d’un « trust » géré par des instances publiques plutôt que par des compagnies privées.

In our view, the current model, in which the digital traces of our lives are monopolized by corporations, threatens the ability of society to produce the rigorous, independent research needed to tackle pressing issues. It also restricts what information can be accessed and the questions that can be asked. This limits progress in understanding complex phenomena, from how vaccine coverage alters behaviour to how algorithms influence the spread of misinformation.

Sûrement une bonne idée de ne pas laisser ça entre les mains de gens qui veulent surtout les exploiter pour faire de l’argent.

Recherché: biologiste croyant

Bon, ce n’est pas totalement incompatible, mais je trouve ça quand même contradictoire.

L’intimidation organisée des disciples de Didier Raoult

Chaque fois que l’on parle de Didier Raoult, des commentateurs agressifs se manifestent. Il semble que ce soit une stratégie à laquelle certains proches du médecin de l’IHU adhèrent.

À quel point l’IHU est-il impliqué ? Interrogé, son porte-parole, Yannis Roussel, explique avoir été personnellement ajouté dans certaines de ces boucles par des tiers et les avoir seulement  « consultées de manière intermittente au début de l’épidémie, car de nombreux  [articles scientifiques] y étaient partagés » . Il assure, en revanche, n’avoir  « pas constaté d’appel [s] à des “raids numériques”  (…) qui seraient, bien sûr, répréhensibles » . Plus troublante est cette conversation privée d’octobre 2020 entre Xavier Azalbert, le directeur du média complotiste  FranceSoir , proche de l’IHU, et Stalec, qui la révélera quelques mois plus tard, après avoir tourné le dos à la cause raoultienne. Dans cet échange, M. Azalbert expose son plan :  « On va jouer avec les nofake  [surnom desanti-IHU] si tu veux » , en faisant publier une étude financée par l’association Bon Sens, pour démonter la méta-analyse de Thibault Fiolet. Il assure que  « Raoult est au courant et Chabrière aussi » , suggérant une continuité entre le centre névralgique de l’IHU et les actions coordonnées des membres du groupe CIA.

Le groupe CIA étant un « une boucle de messagerie Twitter privée réunissant Eric Chabrière, Yannis Roussel (porte-parole de l’IHU) et une trentaine d’influenceurs très actifs dans la défense du ponte marseillais. »

On dirait presque que ces gens n’ont pas tant l’intérêt du patient à coeur.

Elon Musk, la pizza à l’envers et Prométhée

Elon Musk fêtait ses 50 ans cette semaine. On le connait bien sûr pour ses nombreuses innovations. On lui doit évidemment Tesla, la compagnie de voitures électriques avec des portes qui s’ouvrent par en haut, comme dans le futur. On lui doit aussi Space X, qui est en train de rendre beaucoup plus abordables les voyages spatiaux. Le Sunwing de l’espace.

Il y a aussi l’Hyperloop, ce tube magnétique qui pourrait éventuellement transporter des gens à 1200 km/h, soit 1200 fois la vitesse de pointe sur le boulevard Décarie à 17h un jeudi soir. Ce n’est pas pour rien qu’on le qualifie de visionnaire.

Quoiqu’en mars 2020, il écrivait sur Twitter: “Selon la tendance, on aura probablement autour de zéro cas de COVID d’ici la fin avril aux États-Unis”. Visionnaire, oui, mais à temps partiel.

C’est aussi à lui que l’on doit la démocratisation du lance-flamme. Et parmi ses plus récents exploits, il a offert une Tesla à un gars qui mange sa pizza à l’envers, en commençant par la croûte, une fois par jour sur TikTok. Think outside the box. Il faut briser les paradigmes de la pizza. Il faut aller jusqu’au bout de nos rêves. Voilà la pensée d’Elon Musk.

Par contre, il n’est pas question de cette histoire de pizza dans la biographie “Elon Musk, l’homme qui invente notre futur” de Luc Mary. On parle plutôt ici d’une hagiographie. Un éloge sur 160 pages de cet homme plus grand que nature. Le nouveau Messi. En fait, Jésus, c’est de la petite bière à côté de Musk si j’ai bien compris.

La biographie se lit d’ailleurs comme le catalogue Distribution au consommateur. On a envie de tout acheter tellement c’est bien présenté. Le titre du premier chapitre laisse peu de doute sur les intentions de l’auteur: “Le Christophe Colomb du 21e siècle”. Et Luc Mary s’y connaît en matière de personnages illustres, il a écrit la biographie de Mary Stewart et Jeanne D’Arc, entre autres.

Il a toutefois clairement un petit kick sur Elon Musk: “À n’en pas douter, Elon Musk incarne à lui seul l’association de la science et de l’imaginaire, du pragmatisme et de l’audace, de l’ingéniosité et de l’ingénuité.”

Tout ce qu’Elon fait, c’est pour le bien de l’humanité selon lui. Pour sauver la planète. J’ai l’impression que c’est aussi un peu pour faire de l’argent. Parce que la fortune d’Elon Musk tournerait autour de 155 milliards de dollars. Ça, c’est quand même 15 fois le prix du futur 3e lien à Québec. C’est énorme.

Et en passant cet amoureux de l’humanité aurait payé… zéro dollar d’impôt en 2018. La comparaison à Jésus ne tient pas toujours la route. Si Elon avait multiplié le pain comme lui, il l’aurait tout gardé pour se faire des toasts.

On parle peu de sa vie privée dans cette biographie. Bien sûr, il est question de l’adorable X Æ A-12, la fille qu’il a eue avec la chanteuse Grimes. Mais il a aussi eu cinq enfants avec sa première femme. Une paire de jumeaux et un trio de triplets. Il est d’ailleurs question dans le livre de son entreprise de séduction à l’endroit de sa première épouse, Justine.

“Mais voilà qu’un geek aux allures d’adolescent l’assaille jour et nuit. Des dizaines de fois, Justine exprime son intention d’arrêter toute relation avec Elon, mais c’est mal connaître la complexité de la psychologie féminine. Tout en repoussant régulièrement ses avances, elle finit toujours par lui pardonner ses assauts. Au fil des mois, la jeune femme lâche du lest.“

Que c’est romantique! Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Mais bon, c’est le sauveur de la planète, on ne va pas insister sur ses techniques de séduction douteuses.

Évidemment, on parle dans ce livre de la vie d’Elon Musk, né à Pretoria en Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid, même s’il n’a pas trop été affecté par ça parce que ça ne se passait pas dans son quartier. C’est là qu’il a commencé l’université.

“Lors de sa dernière année à Pretoria, il s’était inscrit à l’université, pour y suivre vaguement des cours de physique quantique. Mais son esprit était ailleurs, de l’autre côté de l’Atlantique, sur cette terre lointaine dont on vantait l’esprit d’initiative et d’innovation. « L’Amérique, je veux l’avoir et je l’aurai », clame une célèbre chanson de Joe Dassin.”

Et il est débarqué où, en Amérique Elon? Oui, dans la « capitale du Québec »… Montréal. En tout cas, c’est ça qui est écrit dans le livre. Il ne reste pas à Montréal très longtemps, parce qu’il ne connaît personne et n’a aucun plan de match. Nous avons manqué notre chance de bien l’intégrer. Tesla aurait pu être un fleuron du Québec Inc.

Il finit par étudier à Kingston en Ontario avant de s’en aller dans la Silicon Valley pour fonder PayPal, un pionnier des transactions bancaires sur internet. En fait, il fonde une compagnie qui fusionne avec PayPal, qui est vendu par la suite à eBay pour 1,5 milliard de dollars en 2002. C’est à partir de là qu’Elon Musk a l’argent pour financer ses projets de mégalomane, dont son plan pour aller sur mars.

Semble-t-il que c’est ce qui le motive le plus: conquérir et coloniser Mars. Dès 2002, il s’intéresse à la planète rouge. C’est sur ses projets spatiaux et sur mars que le livre passe le plus de temps d’ailleurs.

Probablement le bout le plus intéressant du livre pour moi. J’ai lu la trilogie de Kim Stanley Robinson. Red Mars, sur la colonisation de mars alors je m’y connais en matière de terraformation. Donnez-moi une planète, et je vais vous faire pousser des patates dans mes petits besoins.

Elon, lui, veut envoyer des colons sur mars en 2024 et coloniser la planète de façon permanente d’ici 2070. Ça, coloniser, si je me fie à l’histoire du monde, ça veut dire bâtir une colonie et exterminer les martiens. Il est le Christophe Colomb du 21e siècle ou il ne l’est pas.

2070, ça peut sembler trop proche, mais on se rappelle que le premier vol de l’avion des frères Wright était en 1903. Et 66 ans plus tard, on débarquait sur la lune. Ça va vite des fois.

Et encore une fois lorsqu’il est question de mars, il donne un vernis de noblesse à ses projets.

« Il le clame haut et fort : la planète rouge deviendra le second berceau de l’humanité d’ici la fin du siècle et sera peuplée d’un million de personnes dans les cinquante ans à venir. Cette « colonie » permettra, selon le fondateur de SpaceX, d’assurer la survie de l’espèce humaine au cas où son existence serait menacée sur Terre. »

Bon, je ne dis pas que c’est une mauvaise idée, même que ça m’excite au plus haut point, mais pour sauver l’humanité, vaudrait peut-être mieux commencer par sauver la terre.

La science-fiction revient souvent dans l’histoire d’Elon Musk. Il nomme ses fusées en hommage à Star Wars, il cite de vieilles séries télé de science-fiction et s’inquiète des dangers de l’intelligence artificielle en évoquant Terminator. Malgré ça, il possède une compagnie qui veut implanter des puces électroniques dans nos cerveaux. J’espère que Sarah Connor est prête à reprendre du service.

Reste qu’il a relancé les projets spatiaux américains. La NASA avait pris du retard, et avec l’offre de Space X, ils sont revenus sur la mappe. Et même s’il est loin d’être parfait, on ne peut pas être contre les voitures électriques, la vie sur mars, le transport en commun hyper rapide comme l’hyperloop, qui est “le mode de transport écolo le plus fabuleux pour le futur de l’humanité, qui, loin de bannir le progrès technologique et la vitesse, les déifie en véritables sauveurs de notre monde.” C’est écrit dans le livre, ça doit être vrai.

Et parlant de « déifier », tout ça renvoie au mythe de Prométhée. Le Dieu grec. Prométhée qui avait dérobé le feu sacré de l’Olympe pour en faire don aux humains, ce qui avait mis Zeus en beau maudit, on s’en souvient. Grâce au feu, les hommes ont pu chauffer leurs maisons et leurs aliments et commencer à fabriquer des outils. Prométhée a symboliquement apporté la technique aux hommes.

C’est peut-être ce que pense faire Musk. Profiter de sa fortune pour développer des technologies qui vont aider l’humanité. Un personnage qu’on admire sans nécessairement l’aimer.

Vous pouvez écouter la version de cette chronique sur la page de On dira ce qu’on voudra.

L’efficacité des broches orthodontiques en vidéo

La preuve que les vaccins sont magnétiques… ou pas

Explications ici: An anti-vax nurse tried, and failed, to make a key stick to her neck as proof that COVID-19 vaccines make you magnetic

Les arguments fallacieux de la droite pour minimiser les dangers de la pandémie

Une étude américaine en a fait le recensement:

She tracked remarks supporting the sacrifice of those who were more likely to die of COVID-19 because they were presumed to be elderly or suffer ‘underlying health conditions’. That phrase was wielded to suggest that such people mattered less, because they did something wrong or were sick, Lincoln said. Another catchy but misleading argument was that only one in 100 people who caught the virus would die. By spotlighting the life chances of a hypothetical individual, the statistic offered false reassurance about the broader social and collective costs of unchecked disease transmission. It also ignored other effects, such as people becoming severely ill or suffering long-lasting symptoms. Right-wing commentators falsely compared COVID-19 deaths with non-infectious diseases, such as traffic fatalities, to push for normal social and economic activity. This ignored the reality that coronavirus cases can multiply and spread.

Les mêmes arguments qu’on a pu entendre chez les Éric Duhaime de notre monde. L’étude est ici: Necrosecurity, Immunosupremacy, and Survivorship in the Political Imagination of COVID-19.

Virus créé en laboratoire: Facebook change d’idée

Un autre exemple qui démontre qu’il est risqué de laisser les entreprises privées juger de ce qui est publiable ou pas. On l’avait déjà vu avec le cas de l’Origine du monde de Courbet. On le voit maintenant avec l’information qu’il est plausible que le virus se soit échappé d’un laboratoire de Wuhan:

« À la lumière des investigations en cours sur les origines de la COVID-19 et en consultation avec les experts de la santé, nous ne retirerons désormais plus de nos plateformes les allégations sur le fait que la COVID-19 a été créée par l’homme ou a été fabriquée », a indiqué mercredi le groupe californien sur son site internet.

Il doit y avoir une belle gang de complotistes qui vont dire « told you so », sans faire trop de nuance sur l’intention derrière cette propagation.