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Pourquoi les gens sont méchants sur les réseaux sociaux?

Selon l’autrice Roxane Gay, ce serait en partie en raison de notre impuissance à avoir de l’influence dans la vie réelle. En tout cas, elle résume assez bien la teneur des interventions sur les réseaux sociaux:

One person makes a statement. Others take issue with some aspect of that statement. Or they make note of every circumstance the original statement did not account for. Or they misrepresent the original statement and extrapolate it to a broader issue in which they are deeply invested. Or they take a singular instance of something and conflate it with a massive cultural trend. Or they bring up something ridiculous that someone said more than a decade ago as confirmation of … who knows?

Quelqu’un dit: « Ceci est très triste ». Quelqu’un lui répond: « Oui, mais pourquoi tu ne parles pas de cette autre chose très triste? ». Remarquez que c’est aussi le pain et le beurre de certains chroniqueurs.

La robotisation augmenterait les inégalités

Ça m’arrive de m’inquiéter de l’avenir de l’organisation du travail. Quand je lis des trucs comme ça entre autres:

There’s an interesting, compelling and alternative explanation. According to a new academic research study, automation technology has been the primary driver in U.S. income inequality over the past 40 years. The report, published by theNational Bureau of Economic Research, claims that 50% to 70% of changes in U.S. wages, since 1980, can be attributed to wage declines among blue-collar workers who were replaced or degraded by automation. 

Artificial intelligence, robotics and new sophisticated technologies have caused a wide chasm in wealth and income inequality. It looks like this issue will accelerate. For now, college-educated, white-collar professionals have largely been spared the fate of degreeless workers. People with a postgraduate degree saw their salaries rise, while “low-education workers declined significantly.” According to the study, “The real earnings of men without a high-school degree are now 15% lower than they were in 1980.” 

C’est pour ça qu’il faudra revoir nos habitudes pour réorganiser le monde du travail.

Elon Musk, la pizza à l’envers et Prométhée

Elon Musk fêtait ses 50 ans cette semaine. On le connait bien sûr pour ses nombreuses innovations. On lui doit évidemment Tesla, la compagnie de voitures électriques avec des portes qui s’ouvrent par en haut, comme dans le futur. On lui doit aussi Space X, qui est en train de rendre beaucoup plus abordables les voyages spatiaux. Le Sunwing de l’espace.

Il y a aussi l’Hyperloop, ce tube magnétique qui pourrait éventuellement transporter des gens à 1200 km/h, soit 1200 fois la vitesse de pointe sur le boulevard Décarie à 17h un jeudi soir. Ce n’est pas pour rien qu’on le qualifie de visionnaire.

Quoiqu’en mars 2020, il écrivait sur Twitter: “Selon la tendance, on aura probablement autour de zéro cas de COVID d’ici la fin avril aux États-Unis”. Visionnaire, oui, mais à temps partiel.

C’est aussi à lui que l’on doit la démocratisation du lance-flamme. Et parmi ses plus récents exploits, il a offert une Tesla à un gars qui mange sa pizza à l’envers, en commençant par la croûte, une fois par jour sur TikTok. Think outside the box. Il faut briser les paradigmes de la pizza. Il faut aller jusqu’au bout de nos rêves. Voilà la pensée d’Elon Musk.

Par contre, il n’est pas question de cette histoire de pizza dans la biographie “Elon Musk, l’homme qui invente notre futur” de Luc Mary. On parle plutôt ici d’une hagiographie. Un éloge sur 160 pages de cet homme plus grand que nature. Le nouveau Messi. En fait, Jésus, c’est de la petite bière à côté de Musk si j’ai bien compris.

La biographie se lit d’ailleurs comme le catalogue Distribution au consommateur. On a envie de tout acheter tellement c’est bien présenté. Le titre du premier chapitre laisse peu de doute sur les intentions de l’auteur: “Le Christophe Colomb du 21e siècle”. Et Luc Mary s’y connaît en matière de personnages illustres, il a écrit la biographie de Mary Stewart et Jeanne D’Arc, entre autres.

Il a toutefois clairement un petit kick sur Elon Musk: “À n’en pas douter, Elon Musk incarne à lui seul l’association de la science et de l’imaginaire, du pragmatisme et de l’audace, de l’ingéniosité et de l’ingénuité.”

Tout ce qu’Elon fait, c’est pour le bien de l’humanité selon lui. Pour sauver la planète. J’ai l’impression que c’est aussi un peu pour faire de l’argent. Parce que la fortune d’Elon Musk tournerait autour de 155 milliards de dollars. Ça, c’est quand même 15 fois le prix du futur 3e lien à Québec. C’est énorme.

Et en passant cet amoureux de l’humanité aurait payé… zéro dollar d’impôt en 2018. La comparaison à Jésus ne tient pas toujours la route. Si Elon avait multiplié le pain comme lui, il l’aurait tout gardé pour se faire des toasts.

On parle peu de sa vie privée dans cette biographie. Bien sûr, il est question de l’adorable X Æ A-12, la fille qu’il a eue avec la chanteuse Grimes. Mais il a aussi eu cinq enfants avec sa première femme. Une paire de jumeaux et un trio de triplets. Il est d’ailleurs question dans le livre de son entreprise de séduction à l’endroit de sa première épouse, Justine.

“Mais voilà qu’un geek aux allures d’adolescent l’assaille jour et nuit. Des dizaines de fois, Justine exprime son intention d’arrêter toute relation avec Elon, mais c’est mal connaître la complexité de la psychologie féminine. Tout en repoussant régulièrement ses avances, elle finit toujours par lui pardonner ses assauts. Au fil des mois, la jeune femme lâche du lest.“

Que c’est romantique! Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Mais bon, c’est le sauveur de la planète, on ne va pas insister sur ses techniques de séduction douteuses.

Évidemment, on parle dans ce livre de la vie d’Elon Musk, né à Pretoria en Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid, même s’il n’a pas trop été affecté par ça parce que ça ne se passait pas dans son quartier. C’est là qu’il a commencé l’université.

“Lors de sa dernière année à Pretoria, il s’était inscrit à l’université, pour y suivre vaguement des cours de physique quantique. Mais son esprit était ailleurs, de l’autre côté de l’Atlantique, sur cette terre lointaine dont on vantait l’esprit d’initiative et d’innovation. « L’Amérique, je veux l’avoir et je l’aurai », clame une célèbre chanson de Joe Dassin.”

Et il est débarqué où, en Amérique Elon? Oui, dans la « capitale du Québec »… Montréal. En tout cas, c’est ça qui est écrit dans le livre. Il ne reste pas à Montréal très longtemps, parce qu’il ne connaît personne et n’a aucun plan de match. Nous avons manqué notre chance de bien l’intégrer. Tesla aurait pu être un fleuron du Québec Inc.

Il finit par étudier à Kingston en Ontario avant de s’en aller dans la Silicon Valley pour fonder PayPal, un pionnier des transactions bancaires sur internet. En fait, il fonde une compagnie qui fusionne avec PayPal, qui est vendu par la suite à eBay pour 1,5 milliard de dollars en 2002. C’est à partir de là qu’Elon Musk a l’argent pour financer ses projets de mégalomane, dont son plan pour aller sur mars.

Semble-t-il que c’est ce qui le motive le plus: conquérir et coloniser Mars. Dès 2002, il s’intéresse à la planète rouge. C’est sur ses projets spatiaux et sur mars que le livre passe le plus de temps d’ailleurs.

Probablement le bout le plus intéressant du livre pour moi. J’ai lu la trilogie de Kim Stanley Robinson. Red Mars, sur la colonisation de mars alors je m’y connais en matière de terraformation. Donnez-moi une planète, et je vais vous faire pousser des patates dans mes petits besoins.

Elon, lui, veut envoyer des colons sur mars en 2024 et coloniser la planète de façon permanente d’ici 2070. Ça, coloniser, si je me fie à l’histoire du monde, ça veut dire bâtir une colonie et exterminer les martiens. Il est le Christophe Colomb du 21e siècle ou il ne l’est pas.

2070, ça peut sembler trop proche, mais on se rappelle que le premier vol de l’avion des frères Wright était en 1903. Et 66 ans plus tard, on débarquait sur la lune. Ça va vite des fois.

Et encore une fois lorsqu’il est question de mars, il donne un vernis de noblesse à ses projets.

« Il le clame haut et fort : la planète rouge deviendra le second berceau de l’humanité d’ici la fin du siècle et sera peuplée d’un million de personnes dans les cinquante ans à venir. Cette « colonie » permettra, selon le fondateur de SpaceX, d’assurer la survie de l’espèce humaine au cas où son existence serait menacée sur Terre. »

Bon, je ne dis pas que c’est une mauvaise idée, même que ça m’excite au plus haut point, mais pour sauver l’humanité, vaudrait peut-être mieux commencer par sauver la terre.

La science-fiction revient souvent dans l’histoire d’Elon Musk. Il nomme ses fusées en hommage à Star Wars, il cite de vieilles séries télé de science-fiction et s’inquiète des dangers de l’intelligence artificielle en évoquant Terminator. Malgré ça, il possède une compagnie qui veut implanter des puces électroniques dans nos cerveaux. J’espère que Sarah Connor est prête à reprendre du service.

Reste qu’il a relancé les projets spatiaux américains. La NASA avait pris du retard, et avec l’offre de Space X, ils sont revenus sur la mappe. Et même s’il est loin d’être parfait, on ne peut pas être contre les voitures électriques, la vie sur mars, le transport en commun hyper rapide comme l’hyperloop, qui est “le mode de transport écolo le plus fabuleux pour le futur de l’humanité, qui, loin de bannir le progrès technologique et la vitesse, les déifie en véritables sauveurs de notre monde.” C’est écrit dans le livre, ça doit être vrai.

Et parlant de « déifier », tout ça renvoie au mythe de Prométhée. Le Dieu grec. Prométhée qui avait dérobé le feu sacré de l’Olympe pour en faire don aux humains, ce qui avait mis Zeus en beau maudit, on s’en souvient. Grâce au feu, les hommes ont pu chauffer leurs maisons et leurs aliments et commencer à fabriquer des outils. Prométhée a symboliquement apporté la technique aux hommes.

C’est peut-être ce que pense faire Musk. Profiter de sa fortune pour développer des technologies qui vont aider l’humanité. Un personnage qu’on admire sans nécessairement l’aimer.

Vous pouvez écouter la version de cette chronique sur la page de On dira ce qu’on voudra.

L’information ou la connaissance?

Nicholas Carr estime qu’internet n’a pas rempli ses promesses de démocratiser la connaissance et d’unir les gens.

The paradox of digital media is that, even as it provides us with broader and faster access to information than we’ve ever had in the past, it dispenses the information in ways that impede the fundamental brain processes required to build personal knowledge. More information, we’re now learning, can actually lead to less knowledge.

Personnellement, je crois que tout n’est pas encore perdu.

Texas: quand votre fournisseur d’électricité ajuste votre thermostat à distance

La domotique, c’est bien, mais si la compagnie qui vous fournit en électricité garde le contrôle, ça peut être risqué.

Texas is one of several states suffering through a record-breaking heat wave that’s pushing electric grids to their limits. The Electric Reliability Council of Texas, or ERCOT, has urged residents to do their part by raising the temperature on their thermostats, but several smart thermostats owners say their devices have been controlled remotely to conserve energy, leaving them in sweltering homes without a clue as to why.  Turns out, some of them just didn’t read the fine print. Several residents in the Houston area said they’d unknowingly enrolled in a program called “Smart Savers Texas” as part of a promotion, according to a report from local ABC-affiliate WFAA on Friday. The agreement states that in exchange for an entry into sweepstakes, electric customers grant permission for the program’s operator, EnergyHub, to control their thermostats during periods of high energy demand.

Des tweets de désinformation rédigés par l’entremise de l’intelligence artificielle

Si on ne peut toujours pas rédiger des textes complets par l’entremise d’algorithmes dans le but de désinformer, ça semble fonctionner plutôt bien pour de courts tweets.

​Now a team of disinformation experts has demonstrated how effectively that algorithm, called GPT-3, could be used to mislead and misinform. The results suggest that although AI may not be a match for the best Russian meme-making operative, it could amplify some forms of deception that would be especially difficult to spot. Over six months, a group at Georgetown University’s Center for Security and Emerging Technology used GPT-3 to generate misinformation, including stories around a false narrative, news articles altered to push a bogus perspective, and tweets riffing on particular points of disinformation.

Il y a quelques chroniqueurs qui devront commencer à craindre pour leur job.

L’intelligence artificielle pour combattre la désinformation

Un projet du MIT. Évidemment, on n’a pas envie que des robots prennent des décisions à ce sujet, mais si ça peut aider à identifier certains agents de désinformation qui ne sont pas visibles à l’oeil nu…

What makes the RIO system unique is that it combines multiple analytics techniques in order to create a comprehensive view of where and how the disinformation narratives are spreading.

Artificial intelligence system could help counter the spread of disinformation

Virus créé en laboratoire: Facebook change d’idée

Un autre exemple qui démontre qu’il est risqué de laisser les entreprises privées juger de ce qui est publiable ou pas. On l’avait déjà vu avec le cas de l’Origine du monde de Courbet. On le voit maintenant avec l’information qu’il est plausible que le virus se soit échappé d’un laboratoire de Wuhan:

« À la lumière des investigations en cours sur les origines de la COVID-19 et en consultation avec les experts de la santé, nous ne retirerons désormais plus de nos plateformes les allégations sur le fait que la COVID-19 a été créée par l’homme ou a été fabriquée », a indiqué mercredi le groupe californien sur son site internet.

Il doit y avoir une belle gang de complotistes qui vont dire « told you so », sans faire trop de nuance sur l’intention derrière cette propagation.

27 lois pour le droit à la réparation bloquées aux États-Unis

Les grandes compagnies ne veulent rien savoir du droit à la réparation.

« One reason these legislative efforts have failed is the opposition, which happens to sell boatloads of new devices every year. Microsoft’s top lawyer advocated against a repair bill in its home state. Lobbyists for Google and Amazon.com Inc. swooped into Colorado this year to help quash a proposal. Trade groups representing Apple Inc. successfully buried a version in Nevada. Telecoms, home appliance firms and medical companies also opposed the measures, but few have the lobbying muscle and cash of these technology giants. While tech companies face high-profile scrutiny in Washington, they quietly wield power in statehouses to shape public policy and stamp out unwelcome laws. »

Microsoft and Apple Wage War on Gadget Right-to-Repair Laws

Faut-il laisser le privé protéger seul nos vies privées?

La réponse est non selon ce chroniqueur:

So here’s where we are: an online system has been running wild for years, generating billions in profits for its participants. We have evidence of its illegitimacy and a powerful law on the statute book that in principle could bring it under control, but which we appear unable to enforce. And the only body that has, to date, been able to exert real control over the aforementioned racket is… a giant private company that itself is subject to serious concerns about its monopolistic behaviour. And the question for today: where is democracy in all this? You only have to ask to know the answer.

Les gouvernements ne sont pas encore équipés pour s’attaquer à ce problème, mais devraient s’y attaquer pour ne pas laisser ça entre les mains des géants des technologies.