Étiquette : technologie

Quelqu’un a donné un gun à un robot

Ils n’ont pas vu Terminator, ces gens-là?

For years, we’ve been warning that it was only a matter of time — and now, the inevitable has happened. Somebody strapped an honest-to-god sniper rifle to the back of a quadrupedal robot dog. An image shared on Twitter by military robot maker Ghost Robotics shows the terrifying contraption in all its dystopian glory.

Collectionner au temps des algorithmes

À cause les Spotify de ce monde, l’expérience du collectionneur est dénaturée.

In the era of the algorithmic feed, these platforms have become the containers for our cultural artifacts as well as for our cultural experiences. While we have the advantage of freedom of choice, the endless array of options often instills a sense of meaninglessness: I could be listening to anything, so why should any one thing be important to me? The constructive relationship between consumer and culture goes in both directions. When we find something meaningful enough to save, to collect it, the action both etches it a little deeper into our hearts and it also creates a context around the artifact itself, whether song, image, or video — and context not just for ourselves but for other people, the shared context of culture at large. That’s what Benjamin described when he wrote, “The phenomenon of collecting loses its meaning as it loses its personal owner.” Just as collections require permanence, they also need individuals, whose voices and tastes they express. The mass of Spotify isn’t actually a collection; it’s an avalanche.

Via Sentier.

Comment fonctionne l’algorithme de TikTok

Le Wall Street Journal a créé plusieurs comptes pour tenter de le découvrir. Il semble que le temps passé à regarder une vidéo a un gros impact.

A Wall Street Journal investigation found that TikTok only needs one important piece of information to figure out what you want: the amount of time you linger over a piece of content. Every second you hesitate or rewatch, the app is tracking 

Reportage de 13 minutes à voir.

Faire l’amour à un robot

Drôle de sondage. 32% des gens s’inquiètent pour les droits des robots. 39% serait prêts à faire l’amour avec un robot.

Oddly, however, many don’t seem to mind if the robots are abused. 32% said, oh, please, let’s not worry about robot rights. Wait, only 32%? What are the rest thinking? I’ll tell you what many of them might be thinking. More than 40% of them think it would be a fine idea to have sex with a robot. A humanoid robot that is — I don’t wish to offer any logistical description of what this sort of sex might entail. I can tell you, however, that for a finely-tuned 3% of these people, it would only be a one-night stand. Or perhaps a beings-with-benefits arrangement. You see, a mere 39% — wait, a staggering 39% — believe they could have a romantic relationship with a robot.

Mettons que ça dépend de la définition de robot…

Le parapluie du futur (ou pas)

Le gars a inventé un chapeau qui repousse l’eau.

Se construire un deuxième cerveau

Suite à ma dernière infolettre où j’explique comment je travaille, un lecteur m’a proposé cette présentation sur le concept de se bâtir un deuxième cerveau. Je vais essayer ça.

Un programme qui programme

L’intelligence artificielle est maintenant capable de faire de la programmation.

Mr. Howard and others believe Codex could also help novices learn to code. It is particularly good at generating simple programs from brief English descriptions. And it works in the other direction, too, by explaining complex code in plain English. Some, including Joel Hellermark, an entrepreneur in Sweden, are already trying to transform the system into a teaching tool. The rest of the A.I. landscape looks similar. Robots are increasingly powerful. So are chatbots designed for online conversation. DeepMind, an A.I. lab in London, recently built a system that instantly identifies the shape of proteins in the human body, which is a key part of designing new medicines and vaccines. That task once took scientists days or even years. But those systems replace only a small part of what human experts can do.

Peut-être que ça rendra la programmation accessible à un plus grand nombre… ou peut-être que l’Intelligence Artificielle va anéantir l’humanité.

Pourquoi les gens sont méchants sur les réseaux sociaux?

Selon l’autrice Roxane Gay, ce serait en partie en raison de notre impuissance à avoir de l’influence dans la vie réelle. En tout cas, elle résume assez bien la teneur des interventions sur les réseaux sociaux:

One person makes a statement. Others take issue with some aspect of that statement. Or they make note of every circumstance the original statement did not account for. Or they misrepresent the original statement and extrapolate it to a broader issue in which they are deeply invested. Or they take a singular instance of something and conflate it with a massive cultural trend. Or they bring up something ridiculous that someone said more than a decade ago as confirmation of … who knows?

Quelqu’un dit: « Ceci est très triste ». Quelqu’un lui répond: « Oui, mais pourquoi tu ne parles pas de cette autre chose très triste? ». Remarquez que c’est aussi le pain et le beurre de certains chroniqueurs.

La robotisation augmenterait les inégalités

Ça m’arrive de m’inquiéter de l’avenir de l’organisation du travail. Quand je lis des trucs comme ça entre autres:

There’s an interesting, compelling and alternative explanation. According to a new academic research study, automation technology has been the primary driver in U.S. income inequality over the past 40 years. The report, published by theNational Bureau of Economic Research, claims that 50% to 70% of changes in U.S. wages, since 1980, can be attributed to wage declines among blue-collar workers who were replaced or degraded by automation. 

Artificial intelligence, robotics and new sophisticated technologies have caused a wide chasm in wealth and income inequality. It looks like this issue will accelerate. For now, college-educated, white-collar professionals have largely been spared the fate of degreeless workers. People with a postgraduate degree saw their salaries rise, while “low-education workers declined significantly.” According to the study, “The real earnings of men without a high-school degree are now 15% lower than they were in 1980.” 

C’est pour ça qu’il faudra revoir nos habitudes pour réorganiser le monde du travail.

Elon Musk, la pizza à l’envers et Prométhée

Elon Musk fêtait ses 50 ans cette semaine. On le connait bien sûr pour ses nombreuses innovations. On lui doit évidemment Tesla, la compagnie de voitures électriques avec des portes qui s’ouvrent par en haut, comme dans le futur. On lui doit aussi Space X, qui est en train de rendre beaucoup plus abordables les voyages spatiaux. Le Sunwing de l’espace.

Il y a aussi l’Hyperloop, ce tube magnétique qui pourrait éventuellement transporter des gens à 1200 km/h, soit 1200 fois la vitesse de pointe sur le boulevard Décarie à 17h un jeudi soir. Ce n’est pas pour rien qu’on le qualifie de visionnaire.

Quoiqu’en mars 2020, il écrivait sur Twitter: “Selon la tendance, on aura probablement autour de zéro cas de COVID d’ici la fin avril aux États-Unis”. Visionnaire, oui, mais à temps partiel.

C’est aussi à lui que l’on doit la démocratisation du lance-flamme. Et parmi ses plus récents exploits, il a offert une Tesla à un gars qui mange sa pizza à l’envers, en commençant par la croûte, une fois par jour sur TikTok. Think outside the box. Il faut briser les paradigmes de la pizza. Il faut aller jusqu’au bout de nos rêves. Voilà la pensée d’Elon Musk.

Par contre, il n’est pas question de cette histoire de pizza dans la biographie “Elon Musk, l’homme qui invente notre futur” de Luc Mary. On parle plutôt ici d’une hagiographie. Un éloge sur 160 pages de cet homme plus grand que nature. Le nouveau Messi. En fait, Jésus, c’est de la petite bière à côté de Musk si j’ai bien compris.

La biographie se lit d’ailleurs comme le catalogue Distribution au consommateur. On a envie de tout acheter tellement c’est bien présenté. Le titre du premier chapitre laisse peu de doute sur les intentions de l’auteur: “Le Christophe Colomb du 21e siècle”. Et Luc Mary s’y connaît en matière de personnages illustres, il a écrit la biographie de Mary Stewart et Jeanne D’Arc, entre autres.

Il a toutefois clairement un petit kick sur Elon Musk: “À n’en pas douter, Elon Musk incarne à lui seul l’association de la science et de l’imaginaire, du pragmatisme et de l’audace, de l’ingéniosité et de l’ingénuité.”

Tout ce qu’Elon fait, c’est pour le bien de l’humanité selon lui. Pour sauver la planète. J’ai l’impression que c’est aussi un peu pour faire de l’argent. Parce que la fortune d’Elon Musk tournerait autour de 155 milliards de dollars. Ça, c’est quand même 15 fois le prix du futur 3e lien à Québec. C’est énorme.

Et en passant cet amoureux de l’humanité aurait payé… zéro dollar d’impôt en 2018. La comparaison à Jésus ne tient pas toujours la route. Si Elon avait multiplié le pain comme lui, il l’aurait tout gardé pour se faire des toasts.

On parle peu de sa vie privée dans cette biographie. Bien sûr, il est question de l’adorable X Æ A-12, la fille qu’il a eue avec la chanteuse Grimes. Mais il a aussi eu cinq enfants avec sa première femme. Une paire de jumeaux et un trio de triplets. Il est d’ailleurs question dans le livre de son entreprise de séduction à l’endroit de sa première épouse, Justine.

“Mais voilà qu’un geek aux allures d’adolescent l’assaille jour et nuit. Des dizaines de fois, Justine exprime son intention d’arrêter toute relation avec Elon, mais c’est mal connaître la complexité de la psychologie féminine. Tout en repoussant régulièrement ses avances, elle finit toujours par lui pardonner ses assauts. Au fil des mois, la jeune femme lâche du lest.“

Que c’est romantique! Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Mais bon, c’est le sauveur de la planète, on ne va pas insister sur ses techniques de séduction douteuses.

Évidemment, on parle dans ce livre de la vie d’Elon Musk, né à Pretoria en Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid, même s’il n’a pas trop été affecté par ça parce que ça ne se passait pas dans son quartier. C’est là qu’il a commencé l’université.

“Lors de sa dernière année à Pretoria, il s’était inscrit à l’université, pour y suivre vaguement des cours de physique quantique. Mais son esprit était ailleurs, de l’autre côté de l’Atlantique, sur cette terre lointaine dont on vantait l’esprit d’initiative et d’innovation. « L’Amérique, je veux l’avoir et je l’aurai », clame une célèbre chanson de Joe Dassin.”

Et il est débarqué où, en Amérique Elon? Oui, dans la « capitale du Québec »… Montréal. En tout cas, c’est ça qui est écrit dans le livre. Il ne reste pas à Montréal très longtemps, parce qu’il ne connaît personne et n’a aucun plan de match. Nous avons manqué notre chance de bien l’intégrer. Tesla aurait pu être un fleuron du Québec Inc.

Il finit par étudier à Kingston en Ontario avant de s’en aller dans la Silicon Valley pour fonder PayPal, un pionnier des transactions bancaires sur internet. En fait, il fonde une compagnie qui fusionne avec PayPal, qui est vendu par la suite à eBay pour 1,5 milliard de dollars en 2002. C’est à partir de là qu’Elon Musk a l’argent pour financer ses projets de mégalomane, dont son plan pour aller sur mars.

Semble-t-il que c’est ce qui le motive le plus: conquérir et coloniser Mars. Dès 2002, il s’intéresse à la planète rouge. C’est sur ses projets spatiaux et sur mars que le livre passe le plus de temps d’ailleurs.

Probablement le bout le plus intéressant du livre pour moi. J’ai lu la trilogie de Kim Stanley Robinson. Red Mars, sur la colonisation de mars alors je m’y connais en matière de terraformation. Donnez-moi une planète, et je vais vous faire pousser des patates dans mes petits besoins.

Elon, lui, veut envoyer des colons sur mars en 2024 et coloniser la planète de façon permanente d’ici 2070. Ça, coloniser, si je me fie à l’histoire du monde, ça veut dire bâtir une colonie et exterminer les martiens. Il est le Christophe Colomb du 21e siècle ou il ne l’est pas.

2070, ça peut sembler trop proche, mais on se rappelle que le premier vol de l’avion des frères Wright était en 1903. Et 66 ans plus tard, on débarquait sur la lune. Ça va vite des fois.

Et encore une fois lorsqu’il est question de mars, il donne un vernis de noblesse à ses projets.

« Il le clame haut et fort : la planète rouge deviendra le second berceau de l’humanité d’ici la fin du siècle et sera peuplée d’un million de personnes dans les cinquante ans à venir. Cette « colonie » permettra, selon le fondateur de SpaceX, d’assurer la survie de l’espèce humaine au cas où son existence serait menacée sur Terre. »

Bon, je ne dis pas que c’est une mauvaise idée, même que ça m’excite au plus haut point, mais pour sauver l’humanité, vaudrait peut-être mieux commencer par sauver la terre.

La science-fiction revient souvent dans l’histoire d’Elon Musk. Il nomme ses fusées en hommage à Star Wars, il cite de vieilles séries télé de science-fiction et s’inquiète des dangers de l’intelligence artificielle en évoquant Terminator. Malgré ça, il possède une compagnie qui veut implanter des puces électroniques dans nos cerveaux. J’espère que Sarah Connor est prête à reprendre du service.

Reste qu’il a relancé les projets spatiaux américains. La NASA avait pris du retard, et avec l’offre de Space X, ils sont revenus sur la mappe. Et même s’il est loin d’être parfait, on ne peut pas être contre les voitures électriques, la vie sur mars, le transport en commun hyper rapide comme l’hyperloop, qui est “le mode de transport écolo le plus fabuleux pour le futur de l’humanité, qui, loin de bannir le progrès technologique et la vitesse, les déifie en véritables sauveurs de notre monde.” C’est écrit dans le livre, ça doit être vrai.

Et parlant de « déifier », tout ça renvoie au mythe de Prométhée. Le Dieu grec. Prométhée qui avait dérobé le feu sacré de l’Olympe pour en faire don aux humains, ce qui avait mis Zeus en beau maudit, on s’en souvient. Grâce au feu, les hommes ont pu chauffer leurs maisons et leurs aliments et commencer à fabriquer des outils. Prométhée a symboliquement apporté la technique aux hommes.

C’est peut-être ce que pense faire Musk. Profiter de sa fortune pour développer des technologies qui vont aider l’humanité. Un personnage qu’on admire sans nécessairement l’aimer.

Vous pouvez écouter la version de cette chronique sur la page de On dira ce qu’on voudra.