Étiquette : voyage

Yellowknife, TNO

Je suis depuis peu arrivé à Yellowknife. Quelques petites réflexions pour commencer :

  • Se rendre à Yellowknife, c’est long;
  • Le soleil se couche à 23:43 et se lève à 3:43 (les rideaux sont épais);
  • J’aurais du apporter de la crème solaire plutôt que du sache-moustique;
  • Il y a beaucoup de traductions japonaises : le chauffeur de la navette nous amenant de l’aéroport à l’hôtel nous a expliqué que 12,000 touristes japonais envahissaient la ville en hiver pour observer les aurores boréales;
  • Je n’ai pourtant pas croisé de restaurant de sushi (mais un Pizza Hut, PFK, Boston Pizza, Subway, McDo, etc.);
  • C’est comme Brossard avec plus de pick-ups et moins de chinois;
  • La bière coûte cher au liquor store;
  • Ils maitrisent la technologie du Wifi.

C’est pas mal ça pour l’instant.

Moncton, Nouveau-Brunswick

Lundi matin, nous enfourchons notre bagnole-pas-à-nous, et nous embarquons vers Moncton, à partir de Carleton-sur-mer, juste pour voir à quoi ça ressemble.

Eh bien je vais vous dire, c’est comme faire quatre heures de voiture et se ramasser à Saint-Jean-sur-Richelieu: c’est beau, mais ça n’a pas le choix d’être décevant.

PS: on peut toujours écouter cette chanson pas du tout gentille de Mononc Serge pour se consoler.

Satyre

Je suis présentemment à Lyon… très belle ville. On y mange et boit bien, et les gens sont fort sympathiques. De plus, le système de transport, le tramway en particulier, est une merveille.

J’y ai rencontré Dylan, un Australien habitant Lyon où il poursuit sont doctorat. Un chic type qui est un peu déprimé par la bureaucratie française, mais qui semble bien apprécier la place. Il entretient un blogue qui me semble très actif !

D’autre part, une note à tous ceux (et bizarrement, ils sont plusieurs) qui ont utilisé le terme « satyre » avec un ‘y’ pour qualifier le Sportnographe. Cette sculpture de l’époque de Lugdunum représente une satyre: un petit bonhomme à poil qui pogne les fesses d’un autre. Y voyez-vous un lien avec le hockey ?

Vie et mort d’une machine

apple

Vingt minutes avant de quitter pour l’aéroport PET, le disque dur de mon Powerbook G4 17 pouces a cessé ses activités. Pris que j’étais à courir après un tube de dentifrice format petit, j’ai dû me résoudre à quitter dans l’incertitude.

Moi qui me vantais que cette machine, qui fêtera bientôt ses trois ans, était un alliage de puissance et de fiabilité inégalable. Une chance que je partais de toute façon avec le nouvellement retraité iBook 12 pouces (un format très pratique finalement) de la copine.

Sinon, eille, je vous confirme que l’on dort mal (comprendre « pas ») en maudit, les genoux dans l’inclinaison du fauteuil d’en avant, dans un avion un lendemain de Yulblog.

4000

Cent Papiers reçoit en moyenne 1500 visites par jour. Hier grâce à Google News et Dick Cheney, le site a attiré tout près de 4000 visites. Aujourd’hui, le compte en est déjà à 2500. Une grande partie de ces visiteurs sont français, mais si ça peut permettre de faire connaître un peu Cent Papiers de par chez nous, tant mieux.

Parlant de la France, je quitte tout à l’heure pour Paris. J’irai aussi à Bruxelles, Amsterdam, Lyon et Nantes, faire de la prospection pour l’APEM.

Je vais manquer la déconfiture du Canadien (ou enfin, le reste de déconfiture, vous savez, quand il n’y en a même pas assez pour couvrir une toast) ainsi que le débat des chefs (à moins que je ne l’écoute à 2 heures du matin en direct de l’autoroute de l’information).

Je devrais quand même poster quelques billets, paraît qu’ils maîtrisent la technologie wifi (weefee) là-bas.

Le Carnaval de Québec, une présentation de…

On dit que l’on fêtait déjà le carnaval à l’époque de la Nouvelle-France, avant les privations du carême, mais la première édition organisée eut lieu en 1894. Depuis, les choses ont bien changé. L’élection des duchesses, une pratique jugée sexiste, a pris le bord, et le très originalement baptisé Bonhomme, une des rares mascottes ayant la faculté de parler, a fait son entrée (en 1954).

Le carnaval de Québec est le plus grand Carnaval d’hiver au monde et arrive au troisième rang, toutes catégories, en termes de nombre de participants (environ 2 millions).

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Il est difficile de situer dans le temps le moment précis où le Carnaval de Québec s’est transformé en festival publicitaire. À n’en pas douter, la tenue d’événements de l’ampleur de ce carnaval nécessite l’apport de financement privé et suppose l’installation de banderoles à l’effigie des multiples bailleurs de fonds. Il reste qu’on peut se demander si la perversion n’a pas atteint un sommet à tel point que la publicité soit devenue la raison d’être plutôt que le support à une activité familiale.

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Au Carnaval de Québec, on ne trouve pas un amoncellement de névasse (un mot joli pour dire « slush »), pas une congère en forme de sculpture qui ne soit commanditée. Le festivalier gorgé de caribou ne peut faire un pas sans entrer dans une nouvelle zone à l’effigie d’une grande marque. Même les zigotos de baigneurs sur neige, qui sont pourtant bien peu vêtus, arborent une tuque marquée du sceau d’un généreux donateur. Il en reste tout de même pour se peinturlurer le bidet d’un slogan accrocheur comme « Joyeux bonhomme ».

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Les quelques chars allégoriques de la parade sont tous financés par une organisation, quand il ne sont pas simplement une complète publicité. Si l’allégorie ne charrie plus que des symboles commerciaux, il reste que la parade sert de tribune aux multiples écoles de danse et autres orchestres de la Capitale Nationale. Il y a au moins cela. C’est aussi le moment de gloire du service de police de Québec qui multiplie les zigzags afin d’épater la galerie grelottante, tout en passant outre sur la consommation affichée de ces carnavaliers qui s’obstinent à se faire aller la trompette, sans gêne aucune. Selon Wikipédia, le caribou, sorte de boisson officielle de l’événement, serait un mélange de porto, de sherry, de vodka et de brandy. Cependant, le breuvage infect rendu disponible sur les lieux par une société d’État bien connue, ne présente comme ingrédients que du vin, de l’alcool, et des arômes naturels.

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Bref, d’un événement festif où la tradition est à l’honneur, le Carnaval se transforme en fête familiale où les enfants courent au-devant des échantillons gratuits de biscuits emballés et glissent sur les encarts publicitaires qui jonchent des allées aménagées à même les plaines d’Abraham. Reste qu’il y a moyen quand même de s’amuser à Québec en période carnavalesque. S’agit de sortir un peu des balises qu’offrent le festival…

Zoom Airlines

Si je n’ai pas été très actif ici au cours des derniers jours, c’est que j’arrive d’une semaine à profiter de l’appartement parisien et de l’agréable compagnie (pas nécessairement dans l’ordre) de Jean-Philippe.

C’est sur les ailes de la compagnie aérienne Canadienne Zoom Airlines que je me suis rendu dans la Ville lumière, et disons que ce ne fut pas de tout repos.

À l’aller, plutôt que de décoller à 23:35 de Montréal, nous sommes partis à 2:45… d’Ottawa. Je m’étais pointé à l’aéroport PET assez tôt afin d’écouter le match de hockey tout en sirotant une bonne bière à 8,36$. Or les sympathiques employés de Zoom eurent tôt fait de gâcher mon plan en nous annonçant que l’on allait plutôt embarquer dans un autobus à destination d’Ottawa pour décoller de là-bas à 1:45. La raison: une tempête à Vancouver a retardé l’arrivée de l’avion à Montréal où les vols ne peuvent décoller après minuit. Il fallait donc trouver un aéroport où n’existe aucun couvre-feu. Je n’ai donc pu prendre un premier verre de vin avec JP avant 17:30, heure de Paris.

Le vol de retour prévu pour 14:40 a quant à lui décollé à 18:40, encore retenu, à Londres cette fois, par le mauvais temps.

Évidemment, on ne peut reprocher grand-chose à Zoom Airlines pour ces retards. Leur service est par ailleurs plutôt bon, et le prix, plutôt bas (550$). Toutefois, on peut penser que la compagnie, assez nouvelle, ne fera pas long feu. Dans les deux vols, l’avion était au mieux rempli à moitié. Je ne sais pas comment ils font pour payer l’essence…

Sinon, je ne vais pas m’étendre sur la ville de Paris en tant que telle. L’ayant déjà visitée, nous nous sommes contenté, ma copine et moi, de se promener et de bien manger, un des objectifs principaux de tous mes voyages. Quant à Londres où j’ai passé un très beau week-end avec Jean-Philippe, je me contenterai pour l’instant de dire qu’elle coûte cher en Saint-Siffleux.

Les Têtes à Claques et moi

À l’été 2002, muni d’un sac à dos et accompagné de deux amis, je me suis promené en Europe pendant un mois et demi. À Barcelone, une des plus belles villes qu’il m’ait été donné de visiter, nous avons rencontré dans un bar de la place, un sympathique Québécois qui était de passage dans la capitale catalane avant de se rendre à Cannes pour un festival de publicité.

Après quelques bières, le type en question nous propose de nous payer la traite dans un bon restaurant, nous annonçant qu’en son jeune temps, lors d’un voyage semblable au nôtre, quelqu’un lui avait ainsi fait passer une soirée fort agréable « sur le bras ».

Au lendemain de ce bon repas, toujours accompagné de notre nouvel ami, il nous fut donné de visiter le musée Miro et de nous promener tranquillement à Barcelone. Je me souviendrai longtemps de sa générosité.

Cet homme était Michel Beaudet, initiateur des Têtes-à-claques, la sensation de l’heure du Web Québécois. Je m’en suis rendu compte il y a quelque temps, en voyant sa photographie sur le blogue de Dominic Arpin.

Je ne ris pas toujours en regardant les vidéos des Têtes-à-claques (la moitié du temps, disons), mais je souris toujours en me rappelant Michel Beaudet.

C’était mon témoignage…

Le Festival Western de St-Tite est décadent et dépravé

A lieu du 7 au 17 septembre la 39e édition du Festival western de St-Tite, en Mauricie. Pour l’occasion, la petite ville de 4000 habitants se transforme en vaste terrain de camping où se bousculent les tentes-roulottes ornées de leurs plus beaux vernis en forme de fresques western. Le budget pour ce festival, un des plus prestigieux en Amérique du Nord, s’élève à 3,1 millions de dollars et contribue pour 16 millions de dollars en retombées économiques pour la région.

Il y a quelque chose de surréaliste dans cette masse de cowboys et cowgirls déambulant dans les rues fermées de la ville au son de la guitare de vedettes inconnues de la chanson country, qui pour l’occasion auront transformé leur garage en salle de spectacle ou, pour les mieux organisés, installé un petit kiosque pour vendre leurs albums aux couvertures faites à la main.

Outre ces artistes, qui vivent probablement à St-Tite leur moment de gloire, se sont aussi installées au travers des pommes de route une multitude de cantines improvisées qui offrent toutes un menu tournant plus ou moins autour du roteux ou de la poutine. Néanmoins, certains restaurateurs de l’extérieur savent aussi profiter de la manne. À preuve un restaurateur rapide libanais de Montréal qui se plaît à siroter le narguilé avec ses visiteurs casqués, ou le typique buffet de mets chinois et canadiens qui a pour l’occasion sorti ses réchauds.

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Une des attractions majeures du festival reste sans contredit le rodéo, titulaire du prix de « meilleur rodéo d’Amérique du Nord  » pour la septième année de suite (ou quelque chose comme ça). Le béotien sera peut-être impressionné par la foule des admirateurs de ce genre d’événement et de l’atmosphère survoltée émanant des estrades d’acier. Toutefois, il pourra difficilement être surpris (scandale des commandites oblige) de l’omniprésence des commanditaires qui se manifestent par tous les moyens possibles. D’ailleurs, il est assez cocasse de voir le président des Caisses Desjardins, Alban D’amours, inaugurer la soirée en récitant la fameuse prière du cowboy, qui implore le petit jésus de veiller à ce qu’aucune corne ne s’incruste entre les côtes de qui que ce soit.

La prière du cowboy
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Les compétiteurs du Québec sont assez nombreux, dignes représentants de « l’Association des cow-boys de l’est du Canada », mais certains viennent de très loin pour se perdre dans la brousse boréale de St-Tite. À preuve, cet australien qui aura fait vingt heures d’avion, sera éliminé après trois secondes sur sa monture, et retournera chevaucher un 747 non sans, on l’espère, avoir visité un peu la banlieue de Grand-Mère. On a justement l’impression que les résultats de ce type de compétition restent assez aléatoires, dans la mesure où un cavalier peut très bien tomber sur une docile pouliche et s’en tirer fort bien, alors qu’un autre peut avoir à faire à un mastodonte en furie. Il en va ainsi pour cet États-Unien, le seul portant un casque (et sans doute le plus lucide), qui fut éjecté de son taureau sauvage après un instant. D’ailleurs, la conduite du taureau sauvage semble une activité plutôt risquée.

La Monte de cheval sauvage sans selle
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Si le robineux montréalais s’en donnerait à coeur joie en terme de collecte de bouteilles consignées jonchant la route, le festival western de St-Tite n’est peut-être pas « décadent et dépravé » à ce point. Néanmoins, on ne peut s’empêcher de penser au récit d’Hunter S. Thompson sur le Derby du Kentucky : « Contrairement à la majorité de nos distingués collègues, nous nous foutons éperdument de ce qui se passe sur la piste. Nous sommes venus voir les vraies bêtes faire leur numéro ». Et il n’y a pas à dire, le soleil couché (ou pas), le cow-boy est beau à voir avec son halène de cheval et sa Molson Ex greffée à la main, parcourant l’enclos du festival en quête de la nouvelle frontière qu’il ne trouvera jamais, réduit qu’il est au périmètre de St-Tite pour exhiber sa tenue chevaleresque pendant ces deux petites semaines annuelles.

Sur le chemin de Manouanis

La Vallée des Montagnes Blanches est située au Nord et à l’est du réservoir Manouane (« lac où on ramasse des oeufs « , en montagnais) qui fut créé dans les années 1940 suite à la construction d’un barrage en aval du lac Manouane par Alcan. Le territoire représenté par la Vallée des Montagnes Blanches appartient dans sa totalité au gouvernement du Québec, mais est presque entièrement alloué à l’industrie forestière.

Entre Saint-Ludger-de-Milot et le lac Manouanis faisant partie de cette vallée, on est à même de constater l’omniprésence de l’industrie forestière. À partir de Saint-Ludger, on ne peut qu’emprunter les routes privées de l’Alcan et des forestières. Y déambulent avec fracas les gigantesques planétaires, camions surchargés des produits de la forêt boréale qui sont privés du droit de rouler sur la chaussée publique. C’est sur une centaine de kilomètres que défile ce paysage de forêt, de gravelle, de poids lourds et d’épars chalets d’amants de la nature agglutinés sur les flancs de cette autoroute du bois, avant d’arriver à la base d’Air Saguenay du lac Margane.

De là, les hydravions faisant le voyage entre Margane et Manouanis nous permettent d’admirer, ou plutôt d’observer, les effets des coupes à blanc qui s’étendent un peu plus chaque année vers le nord, comme le démontre le court extrait vidéo suivant.

Bien évidemment, ces images ne permettent pas d’en arriver à une conclusion sur la situation de la forêt dans le nord du Saguenay Lac Saint-Jean. Elles font toutefois modestement écho au documentaire l’Erreur Boréale de Richard Desjardins, en constatant que dans le cas précis de cette région, le paysage n’est pas plus hérissé que celui filmé par Desjardins.

Selon l’organisme « Aux arbres citoyens« , la Vallée des Montagnes Blanches reste toujours un des rares endroits au Sud du 51e parallèle qui soit encore intact. Se basant sur une étude de Global Forest Watch Canada identifiant les périls qui guettent cette région, le groupe réclame des mesures rapides :

Il devient pressant d’assurer la protection des quelques vastes forêts intactes encore présentes au sud de la limite nordique des forêts attribuables. Un grand territoire forestier boréal, intact et crucial à la survie du caribou forestier est au cœur de notre proposition. Il apparaît donc indispensable d’assurer la protection d’une partie intégrante de la biodiversité associée à cette grande forêt intacte, si rare en forêt boréale dite commerciale.

Comme le court vidéo le montre, les coupes à blanc progressent vers la Vallée des Montagne Blanches. On ne saurait donc être insensible à la proposition d’Aux arbres citoyens de créer une aire de protection d’une très grande superficie afin de garder relativement intact ces lieux exceptionnels. Il en va de la survie de la faune diversifiée qui suscite l’admiration des rares chanceux qui auront l’occasion de l’observer, et de la flore qui mets en valeur d’une façon majestueuse les superbes couchers de soleil sur les plus beaux lacs du Québec.

Mise-à-jour : Pour en savoir plus, lire le très bon texte de Serge Payette, professeur d’écologie à l’Université Laval, paru dans le Devoir du jeudi 13 juillet.